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Rupture anticipée du mandat des députés: le député Emile Kohou Guirieoulou dénonce « un préjudice démocratique »
Publié par Hermann Adepo
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6 Décembre 2025, 14:37pm
À l’approche des législatives du 27 décembre, Emile Kohou Guirieoulou député sortant de la commune de Guiglo s’insurge contre la décision d’abréger le mandat parlementaire, qu’il qualifie de rupture abusive du contrat démocratique. Entre critiques d’un magistrat, rappel du projet de transfert de la capitale et choix de ne pas se représenter, l’élu livre un plaidoyer incisif sur l’état des institutions et le respect du mandat confié par les électeurs.
Lors d’une rencontre avec la presse, le député a vivement réagi à la décision d’abréger le mandat parlementaire, initialement prévu pour s’achever en mars 2026. Selon lui, cette mesure constitue une rupture abusive du contrat qui lie les élus à l’État et lèse des députés qui avaient organisé leur vie personnelle et professionnelle en fonction de ce calendrier.
« Nous avons été élus pour cinq ans. Notre mandat devait courir du 1er avril 2021 au 31 mars 2026. Aujourd’hui, on nous demande de partir trois mois plus tôt. C’est une violation de la Constitution et un préjudice », a-t-il déclaré, estimant que cette décision pourrait même justifier des dommages et intérêts, notamment pour ceux qui ont contracté des engagements financiers jusqu'au terme légal du mandat.
L’orateur a également fustigé les déclarations du président de la CEI, qui, selon lui, aurait menacé de sanctionner des populations dans certaines localités où des incidents électoraux avaient été constatés lors de la présidentielle.
« Il n’a aucun pouvoir pour punir un village entier ! Si quelques individus perturbent un bureau de vote, c’est à l’État d’assumer : il devait sécuriser les lieux. On ne punit pas des communautés entières », a-t-il insisté, dénonçant une attitude « arrogante » et « manipulatrice ».
Pour le député, ces propos témoignent d’une méconnaissance de la loi ou, pire, d’une volonté de désinformer les populations. Il appelle les responsables à « plus de modestie » et rappelle que « la Côte d’Ivoire n’a pas commencé en 2011 ».
Parlant des conditions de travail des députés, il souligne que le nouveau Palais de l’Assemblée nationale, en construction à Yamoussoukro, devait offrir de meilleures conditions de travail : bureaux pour chaque député et son assistant, salles de réunion, et espaces dédiés aux commissions.
« Aujourd’hui, nous travaillons dans des conditions difficiles, sans bureaux adaptés », regrette-t-il.
Interrogé sur son avenir politique, le député a confirmé qu’il ne serait pas candidat aux élections législatives du 27 décembre prochain. Une décision mûrie depuis plusieurs années, selon lui, et non liée aux tensions actuelles autour de l’Assemblée.
« Depuis mon retour du Ghana, en 2020, j’ai décidé de ne plus briguer de mandat. Je laisse la place à la nouvelle génération. Aujourd’hui, ceux qui se présentent sont mes enfants, les enfants de mes frères et sœurs. Je n’ai pas vocation à me battre pour prendre la parole devant eux », a-t-il confié.
L’élu sortant reconnaît qu’il reste encore de nombreux défis, notamment en matière de sécurité électorale et de respect de la loi. Il se dit cependant fier du travail accompli et souhaite que ses successeurs « poursuivent l’action avec responsabilité et respect des populations ».
Pour lui, l’essentiel est d’ouvrir un débat serein sur le fonctionnement des institutions et la protection effective des droits des élus comme des citoyens. « Ce n’est pas seulement une question d’argent, c’est une question de justice, de démocratie et de respect du mandat confié par le peuple », conclut-il.